Trame verte communale (Marne)
Un espace test pour une trame verte à l’échelle d’un village
La commune de Tilloy-et-Bellay (située au Nord-Est de Châlons-en-Champagne) élargie au bassin d’alimentation de captage de la commune de Somme Vesle a été choisie pour tester la méthode de création d’actions et d’aménagements à l’échelle d’un territoire
Le projet en chiffres
- 2015-2020
- Tilloy-et-Bellay
- 15 agriculteurs
- 1850 ha concernés
- 11,7 km de bandes intraparcellaires
- 24 km de bandes de luzerne non fauchée
- 3,4 km de bandes de chaume
Présenté par Jean-Marie Delannery, agriculteur à tilloy-et-bellay et referent du projet.
Contexte
Une première phase du projet s’est déroulée sur tout ce territoire (60 exploitations et 3 360 ha) pour se concentrer ensuite sur 15 exploitations et 1 850 ha.
Le milieu est représentatif de la Champagne crayeuse avec la présence de grandes cultures (blé, colza, betterave, orge de printemps et luzerne) pour alimenter les filières locales. Le paysage reste très ouvert et présente des défauts de continuité écologique. Il est traversé par trois axes parallèles majeurs (RD3, A4, TGV Est).

La problématique ?
Créer des aménagements biodiversité pour préserver les espèces, oui mais …
Quels aménagements ? Quelles familles et espèces favoriser ? Où localiser les aménagements pour qu’ils soient efficients dans leur rôle de constitution de corridor écologique ? Quel mode de gestion privilégier ?
Pour répondre à ces questions, un comité d’experts et de scientifiques s’est constitué pour identifier les pistes et solutions les mieux adaptées. Botaniste, entomofaune, expert agronomique, expert avifaune et pollinisateurs ont partagé leurs connaissances pour aboutir à un outil de diagnostic synthétique.
Un outil d’aide à la décision pour les acteurs du territoire
L’outil permet un diagnostic de l’existant pour projeter les actions de biodiversité les plus pertinentes à réaliser au regard de l’usage de l’espace, des espèces identifiées, du contexte biologique…
Il sera proposé sous forme d’application numérique pour plus d’autonomie et de réactivité.
Exemples d’aménagements simples et performants
Présentés par Sylvain Duthoit de la chambre d’agriculture de la Marne.
Optimiser la performance écologique des bords de chemins.
Des formations et sorties terrain pour identifier les modes de broyages favorables à la biodiversité.

Visite d’un bord de chemin agricole

Resemis d’un bord de chemin le long de la ligne TGV
Le Sem’Obord participe à l’émergence d’une flore bénéfique aux pollinisateurs.
Insérer des bandes intra parcellaires.
Le semis de bandes mellifères dans les parcelles augmente la diversité et la quantité de ressource alimentaire pour les pollinisateurs.

Bande intra-parcellaire semée d’un mélange mellifère (mélilot, trèfle, phacélie)
Des observations encourageantes
Le suivi écologique des populations de pollinisateurs sur les aménagements mis en place dans le cadre de ce projet a été réalisé par l’association RBA (Réseau Biodiversité Abeille). L’évaluation de la richesse spécifique par des relevés aléatoires et ponctuels ont pu démontrer la présence d’espèces classées NT (quasi-menacées) sur la liste rouge européenne. En effet, parmi les 14 espèces d’abeilles sauvages observées, Andrena albofasciota (A.ovatula) et Lasioglossum quadrinotatum, ont été relevées, nous laissant présager une grande diversité spécifique des populations présentes sur la zone puisque le relevé n’a pas été exhaustif ni continu.
Des relations entre les espèces floristiques et les populations de pollinisateurs des haies installées ont pu démontrer des corrélations positives. On observe une concentration des espèces localisée au niveau des implantations de haies.
Conclusion
Le projet « Création et restauration des trames vertes sur la commune de Tilloy et Bellay » a été une plateforme de démonstration et d’échanges à de nombreuses reprises sur le sujet des aménagements agroécologiques et de la constitution de trames vertes à l’échelle d’un territoire.
Scientifiques, chercheurs, universitaires, politiques et journalistes se sont déplacés sur le terrain entre 2016 et 2020.
Cela a permis de diffuser les pratiques, expliquer les enjeux du projet et comprendre les facteurs de réussite et ou, au contraire, limitants dans ce type de projet qui conjugue des volets à la fois économiques, sociaux, écologiques et
réglementaires.






























































