Favoriser la disponibilité des ressources alimentaires favorables au bon état de santé des ruchers et optimiser les facteurs de pollinisation grâce à la luzerne


Le Projet

pano_apiluzSur la Commune de Beine-Nauroy (Marne), environ 400 ha de luzerne sont cultivés (soit 17 % de la Surface Agricole Utile de la commune).
Entre 2014 et 2016, 16 agriculteurs de la commune se sont engagés à laisser une bande de luzerne non-fauchée (BNF) sur une de leurs parcelles afin de la laisser fleurir. Ce qui permet de disposer de façon constante d’environ 10 ha de luzerne en fleur à disposition des insectes pollinisateurs.
Concrètement lors des trois premières coupes de luzerne, l’agriculteur laissera en place une bande non-fauchée qui sera positionnée alternativement de part et d’autre de la parcelle.

Ces bandes de luzerne non-fauchées, présentes au cœur de la plaine à des moments clés, ont plusieurs avantages. Elles sont une véritable ressource de pollen et de nectar pour les abeilles et les autres insectes pollinisateurs (bourbons, papillons…) en période de disette alimentaire. Elles ont également un effet positif sur les populations de passereaux et de perdrix (abri pour les nichées, source d’alimentation due aux insectes).

Dossier de presse Apiluz 2014 (.pdf)


Le Protocole d’expérimentation

Le projet d’expérimentation à l’échelle du territoire d’une commune est prévu pour 3 ans. Des suivis et comptages sont réalisés dans des ruchers sur la commune de Beine-Nauroy et également sur une commune voisine (Prosnes).

– Le Suivi en continu du poids des colonies

Objectif : Suivre la dynamique des populations des colonies d’abeilles domestiques, leur dynamique de récolte de nectar et mesurer la capacité du territoire à fournir suffisamment de ressources pour une production de miel, en fonction de la période de l’année.

– Mesure de la production de miel

Objectif : Mesurer le potentiel mellifère de l’environnement et estimer la part de la luzerne dans la production de miel réalisée sur la commune d’essai par la production de miel (Kg / ruche, Kg / rucher) et la qualité du miel (analyse palynologique).

– Dénombrements de pollinisateurs

Objectif : Evaluer la diversité et l’abondance des insectes pollinisateurs (abeille domestique, bourdons, papillons, autres apoïdes et hyménoptères) venant récolter des ressources alimentaires dans les bandes de luzerne non-fauchée.


Les Partenaires du Projet

– Les agriculteurs laissant une bande de luzerne non-fauchée dans leur parcelle

– Les apiculteurs et le Réseau Biodiversité pour les Abeilles

Le Réseau Biodiversité pour les Abeilles fraca

– Les deux coopératives de déshydration de Luzerne : Luzéal et la Coopérative de Puisieulx

luzeal coop_puisiuelx

– Les partenaires financiers du projet

feader+drap carre champagne-ardenne_DREAL_COUL
fond credit_agri_ne Chambre d'Agriculture de la Marne fond nature-decouverte

 


Les Résultats de cette expérimentation

Bilan des 3 années d’expérimentation, de 2014 à 2016

Les 3 années d’expérimentation du projet Apiluz permettent de valider les conclusions suivantes :

  • La gestion alternative de la coupe permet un allongement de la période de présence de fleurs de luzerne à l’échelle du territoire. Les fleurs sont présentes près de 3 mois au lieu d’un mois dans le dispositif habituel.
  • L’intensité de floraison est plus importante dans la bande non-fauchée, ce qui augmente les ressources alimentaires pour les pollinisateurs sur le territoire.
  • La fréquentation des pollinisateurs est plus importante sur la bande non-fauchée que dans le centre de la parcelle (notamment papillons et abeilles domestiques). Les bandes non-fauchées contribuent donc au maintien des populations des pollinisateurs.
  • Des tendances montrent un potentiel effet positif sur la production de miel (quantité).
  • La présence des bandes non-fauchées n’induit pas de sallissement supplémentaire.

Synthèse du programme Apiluz 2014-2016 (.pdf)

Les Bénéfices de l’expérimentation

Cette gestion alternative des bandes non fauchées permet ainsi d’augmenter les ressources alimentaires des abeilles et des autres pollinisateurs et donc contribues à une meilleure santé de ces populations.


Les rapports annuels de l’expérimentation