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n°14

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Edito

Par Daniel Quantinet, Président de la Coopérative Vinicole de Nogent l’Abbesse et Cernay-lès-Reims

Nogent l’Abbesse : Un projet collectif au service du territoire

La coopérative vinicole de Nogent l’Abbesse et Cernay-lès-Reims est lancée dans une démarche collective vers la viticulture durable. Cette démarche n’est pas nouvelle, elle a débuté il y a 19 ans avec la mise en place de la confusion sexuelle sur le territoire des communes du Mont de Berru. Aujourd’hui, d’autres programmes d’expérimentation sont déployés tel que le suivi de mesure d’abattement de la pollution du bassin des eaux de ruissellement. Tous nos projets de viticulture durable s’inscrivent dans une démarche de territoire et collective avec les acteurs, comme l’Association Syndicale Autorisée (ASA), l’Association Foncière, la coopérative et la commune.

Notre objectif au sein de la coopérative est d’accompagner les viticulteurs dans des changements de pratiques permettant de retrouver un équilibre avec la biodiversité. Au niveau de la parcelle, cela passe par un enherbement de l’inter-rang accompagné d’un travail du sol sous le rang pour atteindre le « zéro herbicide » dans le vignoble. Au niveau de la gestion hydraulique des coteaux, les viticulteurs réalisent des aménagements hydrauliques doux avec des fourrières enherbées, une bonne gestion des talus et l’implantation de haie dans le vignoble.

Réussir l’engagement dans la viticulture durable passe par l’action collective.

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RTE - Symbiose, un engagement réussi au profit de la biodiversité

Dans l’objectif de minimiser l’empreinte de la reconstruction de la ligne électrique à 400 000 volts qui relie Charleville-Mézières à Reims (80 km) l'association Symbiose et RTE se sont engagés dès mars 2013 à la mise en place d'actions concrètes sur le terrain.
Symbiose a mobilisé les acteurs du terrain, agriculteurs, propriétaires, chasseurs, et des experts naturalistes pour que des aménagements écologiques, peu consommatrices d'intrants, soient implantés sous les pylônes.
Aujourd'hui, le résultat est visible sous 67 pylônes. Couverts herbacés, fleuris ou arbustifs se succèdent sous les pylônes situés dans les espaces cultivés

Pour l’association Symbiose, les aménagements écologiques réalisés seront une base d’observation et d’analyse sur plusieurs années afin d’estimer l’impact de la mise en place de la ligne haute tension sur le comportement, développement des espèces (faune, flore, insectes).
Cette démarche unique en France est aujourd'hui communiquée sur d'autres territoires pour qu'elle soit reproduite !

Aménagement et équilibre de nos territoires

Symbiose a été l'invité de la conférence annuelle organisée lors de la Foire de Chalons par l'AROPA 08-51 ( Association des retraités des OPA) et la Section des Anciens Exploitants de la FDSEA. Le thème de la conférence était "Aménagement et équilibre de nos territoires". C'est face à un public composé essentiellement de propriétaires agricole et/ou d'habitant du monde rural que Benoit Collard, secrétaire général et Jean-François Maréchal, apiculteur, ont présenté le principaux projets et actions de l'association: Apiluz, Projet de territoire de Tilloy-et-Bellay, Bord de chemins...
Fort de ce succès, Symbiose est également intervenu lors de l'assemblée générale des anciens exploitants des Ardennes.

Benoit Collard présente les panneaux de lecture du paysage

Comprendre la biodiversité grâce à la lecture des paysages

C’est dans la continuité de ces actions pédagogiques sur la biodiversité, que l’association Symbiose a créé des panneaux de lecture du paysage uniques dans le département. Pour inaugurer ces deux nouveaux aménagements présents sur le parcours découverte biodiversité de Berru, Hervé Lapie, Président et Benoit Collard, Secrétaire général, ont convié les partenaires de l’association. Destinés à tous citoyens, petits et grands, ces panneaux permettent de comprendre la formation des paysages, grâce à des illustrations simples et pédagogiques, avec une approche géologique, historique, naturaliste, et agricole.

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Faire connaitre la biodiversité ordinaire aux scolaires

Au cours de l'année 2016, l'association Symbiose est intervenue auprès du public scolaire pour les initier à la biodiversité ordinaire du territoire, son rôle et ses atouts. Ces initiations se sont traduites par des visites du Parcours découverte de la biodiversité de Berru, commentées par Jérémy Miroir. Au printemps, ce sont des classes de l'école primaire de Berru qui ont visité le site et qui ont pu tester le tout nouveau cahier pédagogique réalisé par Symbiose. A l'automne, les lycéens de la MFR de Vertus sont venus sur la parcelle.

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La biodiversité en Champagne-Ardenne

Une rubrique pour mieux comprendre et connaître la biodiversité de notre territoire.

L'Amadouvier, un champignon de nos sous-bois aux propriétés méconnues

Décembre, en marge des sous-bois devenus paisibles, le promeneur est charmé par le calme et la mélancolie des paysages. C’est l’hiver, mais n’allez pas croire pour autant que la vie ralentie de la faune et de la flore limite nos possibilités de découvertes naturalistes. En hiver, la chute des feuilles permet à l’observateur expérimenté mais aussi au néophyte, pour peu qu’il fasse preuve de curiosité, de déceler certains mystères que la nature camoufle habituellement par son exubérante végétation et la multitude de ses acteurs.
Elément singulier au milieu du sous-bois et dans les bosquets, l’arbre mort ou dépérissant offre de multiples niches de vie pour la faune et la flore. Parmi, les nombreux occupants de ces ligneux, l’Amadouvier (Fomes fomentarius, voir ci-dessus, Cr. J. Miroir-ME) est à la fois relativement commun et méconnu du grand public. Caractérisé par son chapeau à chaire épaisse, dépourvu de pied et positionné en console (on dit alors qu’il pousse ou « en sabot de cheval ») portant des bourrelets concentriques de colorations et de tailles variables, ce champignon lignicole est un couteau suisse naturel !
L’Amadouvier a de nombreuses utilités et elles sont connues depuis bien longtemps… En 1991, un couple de touristes allemands qui faisait une excursion dans les Alpes tyroliennes découvre à la frontière entre l’Italie et l’Autriche, les restes momifiés d’un homme (l’homme d’Ötzi), mort il y a 5 200 ans. Dans une pochette attachée à sa ceinture, on découvrit un morceau d’amadou avec des silex et des fragments de pyrite. L’ensemble de ces éléments constituant un « nécessaire à feu ». En effet sa chaire spongieuse (l’amadou) est un bon combustible permettant d’initier un feu à partir de petites étincelles. Ses propriétés cicatrisantes et hémostatiques étaient, quant à elle, connues et largement utilisées en médecine dès le Vème siècle av. J.-C. Ces quelques exemples, illustrent à quel point la biodiversité est une richesse utile à l’homme.
Pour le forestier, par contre, lorsque les fructifications de ce champignon apparaissent sur un tronc, c’est un signe que l'arbre est condamné à court terme. La colonisation d’un arbre sain se fait souvent par le biais d’une blessure servant de porte d’entrée aux spores. La présence de chapeaux d'amadouvier à la surface d’un tronc témoigne de l'envahissement généralisé du bois par le mycélium. Le dépérissement, la mort et la chute de l'arbre ne mettent pas un terme au développement du champignon qui, devenu saprophyte, poursuit son œuvre jusqu'à la destruction totale du bois. Mais ce que l’on ignore souvent, c’est que les vieux champignons âgés de plusieurs années abritent des colonies d'insectes spécialisés. L’existence de ces colonies de larves d’insectes est généralement trahie par la présence de nombreux trous.

Ci-dessus, à gauche, Amadouvier (Fomes fomentarius) dépérissant colonisé par des insectes. A droite, Bolitophagus reticulatus. Les larves de ce Tenebrionidae se développent dans les Amadouviers (Formes fomentarius) âgés dépérissants. (Cr J. MIroir-ME)

L’arbre mort ou moribond est certes disgracieux au sein de la verdure, il ne présente aucun intérêt économique, mais il constitue une des richesses de nos boisements en hébergeant une multitude d’organismes capables de digérer la lignine et la cellulose contribuant à enrichir l’humus essentiel à la future régénération forestière. Il en est de même pour les arbres porteurs de champignon lignicole et la biodiversité qui en dépend. La nature présente des équilibres fragiles et complexes, il est donc essentiel, lorsque cela s’avère possible, de maintenir des arbres morts ou sénescents lors des coupes. Cette précaution permet d’assurer la survie de nombreux éléments de la biodiversité locale (Lichens, Champignons, insectes, oiseaux…).

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