Mai 2013 

 


n°3

Edito : Les bords de chemin source de biodiversité

Par Jean-Pol Verzeaux, membre du Comité Directeur

Au-delà de leur fonction de structuration de l’espace, les chemins de desserte agricole jouent un rôle complémentaire à ne pas sous-estimer. Les bordures bien gérées représentent 10 à 20% du fonds floristique communal et permettent le maintien de milieux originaux au sein des espaces des grandes cultures. La sensibilisation des agriculteurs au développement durable implique de reconsidérer certaines pratiques dans nos itinéraires culturaux, y compris dans la gestion et l’entretien des chemins.

En effet, la fauche rase ou le broyage systématique et le travail du sol déstructurent la flore en place et favorisent l’implantation d’espèces adventices susceptibles de poser des problèmes à l’agriculture. Paradoxalement, le broyage n’a qu’un effet temporaire sur la croissance et la colonisation des végétaux. Il y a, par ailleurs, un impact sur les espèces animales en limitant l’espace d’accueil et les zones refuges dont l’utilité est essentielle pendant les périodes de récolte. S’il y a un impératif pour l’exploitant, il est conseillé de faire un broyage précoce fin Avril début Mai, et à l’exception de ces cas particuliers, il faut attendre la période de moisson début Août, lorsque la faune est moins vulnérable sous réserve de respecter une hauteur de coupe de 15 à 20 cm. 

Sur les chemins de 6 à 8 mètres , il est tout à fait possible de remettre en état avec les moyens appropriés une bande de roulement de 4 à 6 mètres en laissant une marge enherbée d’environ 1 mètre de chaque côté.

Si ces bordures sont bien pensées et bien gérées, elles constituent donc un véritable atout pour favoriser le maintien d’espaces utiles à l’agriculture(micro-faune du sol, insectes auxiliaires, pollinisateurs, petit gibier) et contribuent à restaurer la biodiversité.

Là où il y a la volonté, il y a le chemin.

Actualité de l’association

Journée mondiale de la biodiversité - la FNSEA vient voir le travail de Symbiose

A l'occasion de la journée mondiale de la biodiversité, le mercredi 22 mai 2013, la FNSEA et des élus nationaux viendront à la rencontre de Symbiose pour voir le travail réalisé par l'association. Cette demie-journée débutera par une visite en bus du territoire d'étude Symbiose commentée par Jérémy Miroir, avant de se rendre sur l'exploitation de Benoît Collard (Secrétaire Général de l'association). Lors de la visite de son exploitation, il pourra présenter les actions menées par Symbiose en faveur de la biodiversité.

Symbiose participe aux réflexions sur le SRCE

Hervé Lapie et Benoît Collard ont été invités par la préfecture de région et le conseil régional à la mise en place du comité régional du Schéma Régional de Cohérence Ecologique (SRCE) de Champagne-Ardenne. Ce comité, qui s’est réuni pour la première fois le 28 mars 2013, a pour objectif de mettre en place les Trames Vertes et Bleues (TVB) dans la région. A l’issue de cette première réunion, 4 groupes de travail thématiques ont été créés. L’association Symbiose participera à deux d’entre eux : « Scientifique et technique terrestre », « Agriculture et forêt ».

Un nouveau site Internet pour l'association

L’association Symbiose vient de se doter d’un nouveau site internet www.symbiose-biodiversite.com. Ce site est accessible à tous, il se compose de différentes rubriques présentant les différents aménagements favorables à la biodiversité, l’accompagnement proposé par l’association, les expérimentations menées ainsi que les différents partenaires. Une partie de ce site est réservé aux agriculteurs, il leur suffit de s’inscrire (gratuitement) sur le site internet, ce qui leur permettra d’accéder à des documents qui leur sont réservés ainsi que de recevoir la Newsletter. Une rubrique est spécialement dédiée aux partenaires de l’association qui peuvent faire connaître leurs démarches liées à la biodiversité. N’hésitez pas à faire parvenir vos articles et photos pour qu’ils soient publiés à l’adresse : contact@symbiose-biodiversite.com.

Paysage de biodiversité Berru – une plantation réussie

La plateforme « Paysage de biodiversité » de Berru a été implantée sur une parcelle mise à disposition par Vincent Godin le 4 février 2013. Cette parcelle a pour objectif de vulgariser tous les aménagements favorables à la biodiversité. Elle est accessible à tous, agriculteurs, grand public, scolaire…

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Agriculteurs et Apiculteurs en Symbiose

L’association « Symbiose pour des Paysages de Biodiversité » a réalisé une réunion le 23 février à Berru sur la thématique de la jachère mellifère. Cette réunion était l’occasion pour les agriculteurs et les apiculteurs du secteur de se rencontrer et d’échanger sur les aménagements favorables aux pollinisateurs. Lors de cette réunion, Philippe Lecompte, apiculteur et président du Réseau Biodiversité pour les Abeilles, a présenté le rôle de la pollinisation pour l’agriculture et les besoins alimentaires des abeilles. Pierre Boyer, responsable du service agronomique d’Acolyance, a présenté l’intérêt des jachères mellifères et leurs techniques d’implantation.

La biodiversité en Champagne-Ardenne

Une rubrique pour mieux comprendre et connaître la biodiversité de notre territoire.

Curiosités printanières

Profitant que les arbres à feuilles caduques n’aient pas encore formé de nouvelles feuilles, des plantes à floraison printanière (dites vernales) égayent les forêts de notre région dès que l’ensoleillement et les températures deviennent favorables. Ainsi, à la mi-avril, les premières fleurs (Ficaires, Primevères, Renoncules…) apparaissent dans les sous-bois. D’autres espèces végétales précoces s’observent au sein des autres habitats naturels, rues, friches, parcelles cultivées et vignes, offrant ainsi une floraison étalée dans le temps en adéquation avec les cycles de vie de la grande diversité des insectes pollinisateurs.

Ci-dessus, l’Anémone sylvie (Anemone nemorosa) plante vernale qui forme des peuplements denses dans les sous-bois. Ces tapis de fleurs blanches ne passent pas inaperçus lorsque que l’on pénètre en forêt. 

En cette période, le long des chemins et des vignes, le promeneur curieux peut observer de drôles de petits tumulus pourvus en leur centre d’un trou rond. Si le promeneur s’attarde, il observera certainement les allez-venues de nombreuses abeilles solitaires. A l’instar des abeilles domestiques, ces abeilles, dont l’activité est précoce, jouent un rôle essentiel dans la fécondation des plantes sauvages et de certaines espèces cultivées en favorisant notamment la production de fruits et de graines.

De gauche à droite, nid, avec tumulus, d’abeille sauvage terricole et regroupement impressionnant de plus d’une centaine de ces nids le long d’une vigne (bourgade de nids d’Halictidae).

Au sein des pelouses et des prairies du territoire, s’observe un insecte printanier plutôt insolite, le Méloé violacé (Meloe violaceus). Le Méloé est un coléoptère facilement identifiable avec son abdomen démesuré et ses élytres courts. Sans défenses apparentes, cet insecte adulte, lorsqu'il se sent menacé, émet à plusieurs endroits du corps, généralement aux articulations, des gouttes d'un liquide jaunâtre toxique et répulsif, servant à éloigner les éventuels prédateurs. Cette substance, la cantharidine serait aussi toxique que la strychnine…

Ci-dessus, le Méloé violacé (Meloe violaceus)

Les mœurs de cet insecte sont plus que singulières. En avril / mai, la femelle Méloé creuse un trou où elle dépose une ponte très fournie (jusqu’à 4000 œufs). Quelques jours après la ponte, les larves de méloé appelées « triongulin » sortent en masse de terre et grimpent sur les fleurs aux alentours, en général des Pissenlits. Là, elles attendent le passage de leur hôte, une abeille sauvage solitaire venant butiner la fleur. 

Ci-contre, abeille sauvage solitaire - mâle de Melittidae (Melitta cf. dimidata)

 

L’objectif de la larve est de se faire transporter dans le nid de l’Abeille et d’atteindre une cellule où est stocké le miel. Arrivée dans une cellule, la larve dévore l'oeuf de l’hôte et prend sa place. Le premier stade larvaire achevé, les larves muent puis se nourrissent du miel contenu dans la cellule occupée. Le miel épuisé, les larves muent à nouveau, abandonnent le nid de leur hôte et se métamorphosent enfin, après une période de repos hivernale, pour devenir le Méloé adulte !

Jérémy MIROIR (texte et photographie) – Chargé de projet SYMBIOSE 

A vos agendas...

Mai 2013 :

  • Journée mondiale de la biodiversité, le 22 mai 2013 

Juin 2013 :

  • Assemblée Générale de Symbiose, le 5 juin 2013
  • Inauguration de la Plateforme de Berru, le 5 juin 2013

Juillet 2013 :

  • Visite terrain sur les aménagements biodiversité pour la viticulture à Ambonnay, Trépail, Billy le Grand, Vaudemange et Bouzy