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n°7

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Edito

Par Jacky Desbrosse, Président de la FRCCA, Vice-Président de Symbiose

Gestion de l’interculture : c’est maintenant ou jamais !

La moisson se termine, et la plaine céréalière change brutalement de visage. Brusque changement de décor pour lièvres, cailles des blés et autres perdrix grises qui, en pleine période d’élevage des jeunes, vivent de l’intérieur les profondes modifications de leur espace de vie ! La recherche de nourriture, de nouvelles zones de quiétude et d’abri contre les prédateurs… tout est bouleversé !

Les aménagements tels que les haies, bouchons, bandes enherbées, chemins enherbés… constituent des repères fixes dans les paysages agricoles, d’autant plus prisés qu’il ne reste (hormis les cultures de betteraves ou de luzerne) pratiquement plus que ça pour offrir le gîte et le couvert à notre chère faune sauvage ! Ces éléments « agro-écologiques » sont donc importants, mais insuffisants : les prédateurs auront vite fait de trouver le filon ! 
Les couverts d’interculture sont une bonne alternative pour que la plaine redevienne accueillante pour la petite faune. Le programme Agrifaune s’est donc entouré de professionnels agricoles afin de concevoir des mélanges d’interculture qui allient intérêts agronomiques et faunistiques. Réunis sous la marque AGRIFAUNE Interculture®, 13 mélanges produits par Semences de France, Jouffray Drillaud, Caussade Semences et Soufflet Agriculture sont disponibles dans le réseau des distributeurs.  
Semés précocement (première quinzaine d’août), ces couverts composés en moyenne de 3 espèces, sont capables de se développer rapidement. Le sarrasin ou la phacélie, présents dans certains mélanges, fleuriront rapidement de manière à apporter un complément de ressource aux insectes pollinisateurs, avant l’hivernage. Le radis ou la moutarde, outre leur efficacité dans le piégeage de l’azote et la structuration du sol, constitueront un couvert de protection efficace pour la petite faune. La vesce, intéressante pour la fertilité des sols, est aussi une plante appétente dont se délectent lièvres, chevreuils, et même perdrix grises ! L’avoine assure également un couvert intéressant, pouvant être consommé par le gibier. 
C’est aussi le maintien de ces couverts au cours de l’hiver qui les rend réellement profitables à la petite faune. Cette protection hivernale est particulièrement importante en cas d’hiver rigoureux, lorsque les ressources alimentaires viennent à manquer. La vie biologique qui se développe au niveau de la surface du sol (débris végétaux, lombrics, carabes, …) fait de ces couverts un garde-manger très apprécié des oiseaux !
Enfin, n’oublions pas que, à l’automne comme le reste de l’année, c’est la mosaïque paysagère (couverts Agrifaune, chaumes de céréales, semis de cultures d’hiver, …) vers laquelle il faut tendre (en respect de la règlementation !) de manière à améliorer la capacité d’accueil de la plaine céréalière vis-à-vis de la petite faune sauvage.

Pour en savoir plus : 
Vidéo de présentation de la marque AgrifauneInterculture® : www.youtube.com/user/AgrifauneBiodiversit
Télécharger la brochure et les fiches AgrifauneInterculture : www.agrifaunechampagneardenne.com

Fiches Aménagements et Pratiques - disponible sur Internet

Dans l'objectif de créer des supports pédagogiques pour les exploitants pour faciliter la mise en place des aménagements, Symbiose a réalisé 11 fiches pratiques. Intérêt pour l'environnement, avantages et inconvénient pour l'exploitant, localisation, entretien... autant d'informations pour renseigner les acteurs souhaitant s'engager dans la réalisation d'aménagements. Ces fiches sont disponibles pour les exploitants dans la rubrique "Accompagnement - Fiches techniques". Pour avoir accès à ces fiches, il suffit de s'inscrire sur notre site Internet en tant que membre (en bas de la colonne de droite sur la page d'accueil)L'ensemble de ces fiches sera également disponible en papier sur demande auprès de Symbiose.

Agriculture et apiculture : un bénéfice partagé par une diversité d’acteurs

Le 2 juin, l’association « Symbiose, pour des paysages de biodiversité » rassemblait apiculteurs, agriculteurs et financeurs à Beine-Nauroy pour le lancement d’un projet inédit en Champagne-Ardenne.
« Laisser en fleurs les bandes de luzerne pour favoriser la ressource alimentaire des abeilles et donc garantir la santé de ces pollinisateurs et producteurs de miel ». Une expérience lancée par les coopératives de déshydratation de Luzéal et Puisieulx, les apiculteurs et les 16 producteurs de luzerne de la commune de Beine-Nauroy. La particularité de ce projet dénommé « Apiluz » est d'être à l'échelle du territoire d'une commune et de pouvoir mesurer l'impact sur les ruchers présents dans et autour de ce périmètre.

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APILUZ - un projet écouté par le Ministère de l'Agriculture

Le projet mis en place sur la commune de Beine-Nauroy entre les agriculteurs et les apiculteurs a eu un écho jusqu'au Ministère de l'Agriculture. En effet, Mme Pascale Dunoyer, Inspectrice en chef de la santé publique vétérinaire au Conseil Général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux du Ministère de l’Agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, viendra le vendredi 12 septembre à 10h, sur la commune de Beine-Nauroy pour découvrir ce projet. L'objectif de cette matinée est de présenter le rôle des jachères apicoles et les intérêts des pollinisateurs.

Une visite sur le terrain pour observer la biodiversité et ses services rendus

Pour son assemblée générale, l’association « Symbiose pour des paysages de biodiversité » a organisé une visite pour découvrir la biodiversité du paysage agricole et viticole de la Champagne crayeuse. Cette sortie s'est déroulée sur les communes de Berru et de Nogent-l'Abesse.

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RTE et Symbiose favorise des aménagements au pied des pylônes

Dans le cadre du projet de la nouvelle ligne de grand transport d'électricité entre Charleville-Mézières et Reims, l'entreprise RTE (Réseau de Transport d'Electricité) et l'association Symbiose souhaitent favoriser la réalisation d'aménagements sous les pieds des pylônes électriques. Après avoir réalisé des réunions de sensibilisation dans la Marne et dans les Ardennes (mai-juin), Symbiose a lancé une enquête auprès des propriétaires et des exploitants concernés par ces pylônes. L'objectif de Symbiose est de proposer différents types d'aménagement "clé en main" : herbacé, fleuri ou herbacé et arbustif. Le choix de l'entretien est laissé soit au locataire de la chasse, à un prestataire ou à l'agriculteur.

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Symbiose présent à la Conférence-Débat sur "agriculture et territoire Chalonnais"

Suite au diagnostic de territoire mené en collaboration avec la DRAAF, le  Pays de Chalons organise une Conférence-Débat lors de la Foire de Châlons, le vendredi 5 septembre de 9h30 à 12h, espace Forni. Après la présentation du portrait de l'agriculture du Pays de Chalons, Hervé Lapie, Président de Symbiose, ainsi que d'autres acteurs, participeront à une ronde sur les enjeux d'un développement harmonieux et durable d'un territoire où l'activité agricole est très présente.

Si vous souhaitez participer à cette conférence vous pouvez contacter l'Agence D'Urbanisme et de Développement de l'agglomération et du Pays de Châlons en Champagne au 03.26.64.60.98 ou par mail à accueil@audc51.org.

La biodiversité en Champagne-Ardenne

Une rubrique pour mieux comprendre et connaître la biodiversité de notre territoire.

Les coucous printaniers, des squatteurs insolites (Partie n°2)

Nous avons vu dans la précédente newsletter les cas des Abeilles coucou (hyménoptères) et des Bombyles (diptères), mais la liste des squatteurs ne s’arrête pas là. En effet, parmi les hyménoptères (ordre systématique regroupant les abeilles, les guêpes, les bourdons et les fourmis), nous avons également les « guêpes coucou » comme celle de la famille des Chrysidés. Les représentants de cette famille sont aussi dénommés « guêpes dorées » du fait de leur colorationaux reflets métalliques chatoyants due aux couleurs iridescentes (l’insecte est perçu de différentes couleurs selon son angle d’observation) rouges, bleus, verts ou dorés de leur corps et de leurs pattes.

Ci-dessus, exemple de « guêpe dorée », ici Chrysis ignita – Nogent-l’Abbesse (51)

Il s’agit sans nul doute d’un groupe remarquable d’insectes tant pour leur beauté que pour leurs mœurs singuliers. L’ensemble des représentants de cette famille est parasite d’abeilles et de guêpes. Certaines espèces sont éclectiques d’autres ciblent exclusivement un genre ou une espèce. Chrysis viridula est, par exemple, cleptoparasite des nids d’un genre de guêpes maçonnes, les Odynères. 

Ci-dessus, de gauche à droite, Chrysis viridula, l’Odynère commun (Odynerus spinipes) et Odynerus sinipes apportant de l'eau pour amollir la terre argileuse et cimenter les déblais autour de l'ouverture de la galerie du nid, Ces déblais finissent par former une structure externe tubulaire (jusqu'à 5 cm de long) caractéristique – Nogent-l’Abbesse (51)

Pour le squatte, la stratégie des « guêpes dorées » est relativement similaire à celle des abeilles coucous, la guêpe s’introduit dans le nid à l’insu de son hôte afin d’y déposer sa ponte. Néanmoins, afin de parer à une éventuelle rencontre avec l’hôte légitime du nid, ces guêpes dorées sont parées d’un épais tégument. Elles jouissent, par ailleurs, d’une capacité à se replier totalement, offrant ainsi quasiment aucune zone vulnérable à leur agresseur. Parasites, les larves sitôt écloses se nourrissent, dans la majorité des cas, des larves de l’hôte et de manière plus rare de leurs réserves. 

A vos agendas...

septembre 2014 :

  • Conférence-débat "Agriculture et territoire Chalonnais", le 5 septembre 2014
  • Présentation du projet "Apiluz" à Beine-Nauroy au Ministère de l'Agriculture, le 12 septembre 2014
  • Formation sur la reconnaissance des pollinisateurs, le 18 septembre 2014